1917 – L’épuisement

BDIC – Un de la territoriale, 1920. Gaston Lavy. Tome 3, page 36.

Après deux ans et demi de guerre, de trop nombreux assauts meurtriers pour quelques centaines de mètres gagnées puis reprises, de trop nombreux morts, de trop nombreux blessés, les troupes s’épuisent. Année décisive pourtant avec l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Douze soldats de Quéménéven trouvent la mort en 1917

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Des cultivateurs qui laissent 42 orphelins

Coll. Y Le Grand

Coll. Y Le Grand

” Les catastophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n’y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre” (Pierre Lemaitre, Au Revoir Là-Haut, prix Goncourt 2013)

L’image collective du Poilu de 14-18 est celle d’un homme jeune qui combat ardemment, davantage celle d’un fils ou d’un frère que celle d’un père. Pourtant la réalité est bien plus nuancée. On pourrait prendre l’exemple de Jean-Marie Quintin, tué en 1915 à l’âge de 37 ans, père de 5 enfants ou de Jean-Marie Quelven, mort en 1916 à 41 ans, père de 4 enfants.

La guerre 14-18 laisse à Quéménéven au moins 42 orphelins et 31 jeunes veuves.

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1916 – La guerre totale

Près de Douaumont, déc. 1916 (source Hérodote)

Ma place était dans le poste d’écoute, le plus près des Boches, car il leur est difficile de le toucher sans démolir leurs propres postes. De là-haut je dominais tout le champ, le spectacle quoique triste était beau. J’entendais le départ des minens, je les voyais en l’air et au moment où ils tombaient je m’enfonçais dans mon poste. Je t’assure qu’ils s’écrasent bien. Toute la cote en est remuée, les cailloux, les planches (je ne dis pas les arbres car il n’y en a plus de trace) volaient en l’air. De notre côté les bombes à ailettes de 100 kg partaient par 3,4 et allaient secouer les côtes à Fritz. Les nôtres valent bien les leurs (…)” Yves Trellu, 21 juillet 1916, extrait d’une lettre à son frère François.

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François Mauguen (1880-1914) – le 1er des trois frères

coll. Famille Mauguen, Kergoat

coll. Famille Mauguen, Kergoat

François Corentin Marie Mauguen naît le 14 mai 1880 à Talagroas (Croix de Pellein), Kergoat, Quéménéven. Il est le fils aîné de François, cultivateur et bedeau, et de Marie Françoise Le Bihan.

Il est tué à l’ennemi le 15 septembre 1914 à Ville-sur-Tourbe dans la Marne. Il est alors caporal au 2ème régiment d’infanterie coloniale de Brest.

Ses frères, Yves et Hervé, trouveront eux aussi la mort pendant cette 1ère guerre, Yves en avril 1915, et Hervé, deux ans jour pour jour après son frère François, le 15 septembre 1916 dans la Somme.

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Régiments et grades des soldats de Quéménéven morts pour la France

318e RI - Les gars de Quéménéven (Coll. P. Blaise)

318e RI – Les gars de Quéménéven (Coll. P. Blaise)

Grâce aux informations qu’il a été possible de retrouver sur les parcours des 88 hommes de Quéménéven morts pour la France en 14-18, on peut commencer à en dresser un portrait type : il est fantassin, soldat 2ème classe, d’abord mobilisé au 118e régiment d’infanterie de Quimper, a combattu aux côtés de plusieurs de ses camarades, a ensuite changé de régiment avant d’être “tué à l’ennemi”.

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Sébastien D’hervé (1885-1917), prisonnier en Suisse

Sébastien D'Hervé coll. part. Gilbert D'Hervé

Sébastien D’Hervé coll. part. G. D’Hervé

Sébastien D’hervé naît le 15 août 1885 à Ty-Moal en Quéménéven. Il est le dernier enfant de Louis, cultivateur, âgé de 55 ans à la naissance de son fils et de Marie Catherine GOURLAY, âgée de 43 ans.

En 1911, lors du recensement, il a 26 ans et est domestique chez Philippe à Kergoat. Le 4 juin, il épouse Marie Corentine Roignant à Quéménéven. Ils auront deux enfants, Marie Catherine née en juin 1913 et Jean Louis né en octobre 1914.

Quand la guerre éclate, Sébastien D’Hervé est mobilisé au 271e régiment d’infanterie, régiment de réserve du 71e RI de Saint-Brieuc.

Il décède le 28 mai 1917 à l’hôpital de Quimper, rue de l’hospice, de tuberculose, après avoir fait un séjour en Suisse.

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Les Trellu, instituteurs, exposés à Quimper

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Corentin Cariou, les effets de la guerre chimique

Corentin et Pierre Cariou. Coll. famille Isnard-Nihouarn

Corentin et Pierre Cariou. Coll. famille Isnard-Nihouarn

Corentin Hervé Marie Cariou naît le 9 avril 1898 au Yeun, Quéménéven. Il est le plus jeune des trois fils de Jean Guillaume, cultivateur et de Anne Marie Canévet.

Etant de la classe 1918, il a sans doute été mobilisé en avril 1917. Pas d’information sur son parcours militaire

Il meurt au domicile de ses parents le 17 juillet 1920, des suites d’intoxications au gaz.

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1915 – L’enlisement

Source “Tahure, village détruit” CNDP de Reims

Quelques mois après le début d’une guerre qui se voulait fulgurante, le front s’est enlisé. Des Flandres aux Vosges, l’armée allemande s’est enterrée dans tout un réseau de tranchées défensives, très organisées et fortement armées. D’offensives ponctuelles en contre-offensives, la guerre de position inflige aux deux armées des pertes considérables et mine le moral des troupes.

Ci-dessous quelques évènements marquants de l’année 1915.

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Guillaume Nicolas (1884-1918)

Guillaume Nicolas, Leur an Torch - Coll. C. Capitaine

Guillaume Nicolas, Leur an Torch – Coll. C. Capitaine

Guillaume Jean Marie NICOLAS naît à Cast, à Penboudennec le 8 décembre 1884, fils de Guillaume et de Marie Jeanne CONAN.

En 1911, le 5 février, il épouse, à Cast, Marie Anne Louboutin de Quéménéven.

Leur dernier enfant, Jean Guillaume, naît en mai 1915 à Leur-an-Torch. C’est le père, Guillaume, qui déclare la naissance de son fils à la mairie. Il est alors probablement en permission (matricule 3117 au recrutement de Quimper).

Il est “tué à l’ennemi”, le 27 octobre 1918, à Vandy dans les Ardennes. Il est alors soldat à la 19e compagnie du 205e régiment d’infanterie. La photo ci-contre a été prise alors qu’il était dans ce régiment.

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