Yves Mauguen (1887-1915) – le 2ème des trois frères

Yves Mauguen naît le 22 octobre 1887 à Talagroas, Kergoat, Quéménéven.  Il est le plus jeune des quatre fils de François, bedeau et cultivateur, et Marie Françoise LE BIHAN.

Il est le 2ème des 3 frères Mauguen à trouver la mort au combat, le seul célibataire.

Soldat au 51e RI, il est tué à 28 ans, le 12 avril 1915 lors de l’attaque de Marchéville (Meuse).

Avant la guerre

Cheveux blonds, yeux bleus, il est plutôt petit (1,58m) et a un niveau d’instruction de fin d’école primaire.

Il effectue son service militaire au 64e régiment d’infanterie du 7 octobre 1908 au 25 septembre 1910 et passe tambour le 26 septembre 1909 (matricule 986 au recrutement de Brest-Châteaulin).

Il vit ensuite à Brest.

Pendant la guerre

Il est mobilisé le 3 août 1914 au 118e RI de Quimper, et part au front avec ce régiment le 8 août.

Le 15 septembre 1914, son frère aîné, François, est tué à Ville-sur-Tourbe, dans la Marne. 

Yves, probablement malade ou blessé, est évacué du front le 22 février 1915. Quand il y revient, le 11 mars, il rejoint le 51e RI. 

Un mois plus tard, le 12 avril, il disparaît à Marchéville dans la Meuse.

Circonstances de son décès

Après une période de combats continus et sanglants dans la Marne, le 51e RI est relevé et jusqu’au 30 mars, les troupes se reposent à Herpont puis à Possesse, toujours dans la Marne. C’est pendant cette période de repos que Yves Mauguen rejoint ce régiment.

Le 31 mars, le 51e quitte Possesse et va cantonner à divers endroits jusqu’au 9 avril.

Le 10 et le 11 avril 1915, les 12 compagnies quittent leurs cantonnements et occupent les tranchées devant Riaville, au sud-est de Verdun, dans la Meuse. La distance qui sépare les 1ères lignes françaises des 1ères lignes allemandes est seulement de 100-150 mètres.

Le 12 avril à 10 heures, une 1ère attaque est lancée pour s’emparer des tranchées et du village de Marchéville, mais le mouvement est arrêté dès la sortie de la tranchée par les tirs trop courts de l’artillerie française.

A 10h20, un nouvel assaut est lancé. Cette fois, les hommes sont pris sous les tirs ennemis. La 9eme compagnie parvient à hauteur des entonnoirs, à mi-chemin du no man’s land, y creuse une tranchée et s’y maintient.

Les 1er et 2e bataillons s’avancent jusqu’aux barbelés ennemis, mais les brèches sont insuffisantes et ils doivent se replier sous le feu de l’artillerie, des mitrailleuses et des canons-revolvers.

Le 12 avril, les pertes sont importantes : 4 officiers tués, 2 officiers blessés, 80 hommes de troupe tués, 11 disparus (dont Yves Mauguen), 251 blessés.

Yves Mauguen est d’abord porté disparu, présumé blessé, avant d’être déclaré mort.

Après son décès

Son corps ne semble pas avoir été retrouvé. Il est peut-être inhumé dans un des ossuaires de la nécropole nationale de Bucy-Darmont (Meuse), créée en 1924 pour regrouper les corps exhumés de cimetières militaires de la région d’Etain et de la Woëvre.

Son décès est retranscrit le 9 août 1920 à la mairie de Quéménéven.

Sources

Registres d’état-civil de Quéménéven

Fiche matricule, AD du Finistère (1R-1380 – 1907)

Site Mémoire des Hommes : Sa fiche sur la base des morts pour la France, Historique et JMO du 51e RI