Yves Trellu (1894-1916) – 21 ans, sous-lieutenant au 4e RI

yvesTrellu_8janvier1915

collection Y. Le Grand

En août 1914, Yves Trellu, 20 ans, est instituteur à Briec. Né à Kergadoret, Kergoat, en février 1894, il est le 3ème enfant du couple que forme Yves Trellu, charpentier, et Marie-Anne Rolland. Ses deux sœurs aînées travaillent au moment de la guerre pour le château de Tréfry. Son frère cadet, François, intègre l’école normale de Quimper sur les traces de son frère, et sa jeune sœur, Marie, s’apprête à intégrer l’école primaire supérieure de filles de Carhaix suivant elle aussi les traces de son aîné.

Le 1er septembre 1914, Yves Trellu est mobilisé au 116ème régiment d’infanterie de Vannes, alors que Quéménéven compte déjà 9 soldats tués. La France est entrée en guerre le 2 août, et les premiers grands assauts meurtriers ont eu lieu en Belgique les 21 août et 22 août.

Au 116ème RI, Yves Trellu est caporal à la 27ème compagnie et rapidement instructeur au camp de Meucon, pas très loin de Vannes. La guerre est encore un peu loin. Le 1er octobre, il envoie à sa famille la photo de la caserne avec une croix marquant l’emplacement de sa chambre.

Coll. Y. Le Grand

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Quelques mois plus tard, alors que l’on sent bien que la guerre durera plus que ce qui était escompté, une carte postale adressée à son frère témoigne de son empressement à rejoindre le front « Nous aurons le bonheur de rejoindre les armes et des les aider à culbuter les Boches » écrit-il.

collection Y. Le Grand

Le 20 mai 1915, il adresse à sa jeune soeur une carte postale laconique postée de la gare de Laroche dans l’Yonne « En route pour le front. Le bonjour de Laroche« , écrit-il. Il est alors aspirant au 4ème d’infanterie. De Clermont-en-Argonne où il est au repos le 25 juin 1915, il envoie une carte postale au ton léger, comme s’il passait quelques jours agréables de vacances en Argonne. « Le repos continue agréablement. Dans mes moments de liberté, je vais cueillir des cerises bien mûres déjà. Les arbres en sont remplis et nous en avons à volonté. Une rivière passe à côté de sorte que nous y allons nous baigner tous les jours. L’eau est claire et profonde, c’est merveilleux. Nous sommes bien contents de secouer notre poussière au sortir des tranchées« . Le contraste est saisissant avec le recto de la carte montrant Clermont en ruine, et avec ce que l’on sait des violences des combats qui ont fait rage dans les forêts d’Argonne, rayant définitivement plusieurs villages de la carte.

Clermont-en-Argonne

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Rien dans les courriers qu’il envoie à Kergadoret ne témoignera des actions qui lui vaudront ses citations. Quelques mois plus tard, en août 1916, son visage enfantin est devenu grave.

4eRI

Coll. Y. Le Grand

En octobre 1916, son régiment arrive dans le secteur de Verdun de sinistre réputation, car la bataille y fait rage depuis le mois de février. Le 15 novembre sa sœur lui écrit « J’ai reçu ta carte aujourd’hui avec grand plaisir, car depuis le 2, tu ne nous avais pas écrit. c’est long mon pauvre frère surtout que nous savions que tu étais dans ce sale trou de Verdun« . Yves est nommé sous-lieutenant au 4ème régiment d’infanterie, et en tant que tel prend la tête d’une section, soit 60-65 hommes. Le 4 décembre, sa jeune sœur lui écrit de Kergadoret pour le féliciter : « Nous sommes tous très joyeux et te félicitons parce que tu es nommé sous-lieutenant« , lui écrit-elle.

Mais, c’est ici que son destin bascule.

Sur le journal de marche de la 17ème brigade à laquelle appartient le 4ème régiment d’infanterie, on peut lire en date du 5/6 décembre 1916 « à la suite de l’attaque allemande de la matinée du 5 décembre, l’artillerie allemande a montré une certaine activité. Une patrouille allemande qui s’était présentée dans la nuit à 23 heures devant le front du s secteur de gauche a été repoussée à coups de fusils.
Tirs de harcèlement par notre artillerie.
Faible activité de l’artillerie ennemie
Pertes : 4e : s/Lt Trellu grièvement blessé (balle dans la tête), 7 tués, 9 blessés et 4 évacués »

Yves Trellu est alors évacué sur l’Ambulance de campagne de Landrécourt à quelques kilomètres au sud de Verdun, où son frère François, qui se trouvait alors en arrière du front dans les environs de Bar-le-Duc, pourra lui rende visite. Il est cependant dans un état trop grave pour être évacué vers un hôpital, et décède le 13 décembre.

Il est inhumé dans la nécropole de Landrécourt-Lempire, carré A, rang 16.

Citations – extrait de Manuel Général de l’Instruction Primaire (mars 1917) – Actes Officiels – Livre d’Or de l’Enseignement primaire – autres citations (p.364)
Trellu (Yves), instituteur à Briec (Finistère), en congé, aspirant au 4e régiment d’infanterie :
1ère citation :
« A bravement mené son escouade à l’assaut d’une tranchée allemande.» (Ordre de la brigade)
2° citation :
« Volontaire pour veiller dans une tranchée à découvert pendant un violent bombardement, a permis la riposte immédiate.
Courage parfait pendant les deux jours de combat.» (Ordre de la division)
Mort pour la France, Titulaire de la Croix de guerre

La tombe vers la fin de la guerre – Collection M. Ozo

La nécropole nationale de Landrécourt-Lempire en 2013 – Coll. Y. Le Grand


 

Sources

Sa fiche sur la Base des Morts pour la France

JMO de la 17e brigade d’infanterie

 

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