La seconde bataille de Champagne – sept-oct 1915

tahure3Un peu plus d’un an après le début d’une guerre qui se voulait fulgurante, le front s’est enlisé. Des Flandres aux Vosges, l’armée allemande s’est enterrée dans tout un réseau de tranchées défensives, très organisées et fortement armées. D’offensives ponctuelles en contre-offensives, la guerre de position infligeait aux deux armées des pertes considérables et minait le moral des troupes.

Persuadé que la rupture du front était possible par des attaques puissantes localisées, le Général Joffre lance, en septembre 1915, une offensive de grande envergure en Champagne, la seconde bataille de Champagne.

L’attaque est coordonnée avec une offensive franco-britannique en Artois pour fixer les Allemands.

Dans cette double offensive, du 25 septembre au 8 octobre 1915, 7 soldats de Quéménéven trouvent la mort, six en Champagne et un en Artois

Du 22 au 30 septembre 1915

En Champagne, l’assaut sera donné sur 25 kilomètres entre Aubérive dans la vallée de la Suippe et Ville-sur-Tourbe, à environ 50 kms à l’est de Reims. Objectif : rompre le front et forcer le repli de toute la partie ouest de l’armée allemande.

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Trois journées de bombardements intenses par l’artillerie française préparent  le terrain pour l’infanterie.

Les artilleries de campagne et de tranchée interviennent dès le 22 septembre pour détruire les réseaux de barbelés qui empêchent la progression des fantassins, puis l’artillerie lourde à longue portée déclenche ses tirs le 24 septembre pour détruire les lignes de ravitaillement. Pendant ces trois jours, près d’1 000 000 d’obus de tous calibres sont tirés sur les tranchées de la 3ème armée allemande.

Côté français, deux armées renforcées prennent position sous le commandement du général de Castelnau : la 4ème Armée du général de Langle de Cary et la 2ème armée du général Pétain, rassemblant 33 divisions et deux corps de cavalerie, soit près de 500 000 hommes massés sur les 25 kilomètres de l’offensive.

L’assaut est déclenché le 25 septembre à 9h15.

En Artois, François Baut, soldat au 114e RI, célibataire, cultivateur au bourg tombe à Wailly (Pas de Calais), à 33 ans.
En Champagne, Joseph Joncour, soldat au 52e RIC, né à Lindu, célibataire est tué à l’ennemi, lors de l’assaut mené sur la butte de Souain, à l’âge de 26 ans.

À peine plus à l’est, la première vague d’assaut sur Tahure est menée par les régiments d’infanterie de Quimper (118e RI), Brest (19e RI), Lorient (62e RI) et Vannes (116e RI), composant la 22ème division commandée par le général Bouyssou.
La 22ème DI a pour objectif la butte de Tahure, le mamelon 192 à 600m au nord de la butte et les tranchées allemandes à l’est du mamelon 192.
A sa droite se tient la 21ème division (régiments de Nantes et de Vendée) qui, avec la 22e DI compose le 11ème corps d’armée, de la 2ème armée du général Pétain.

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La première ligne allemande, anéantie par les 3 jours de bombardements incessants de l’artillerie française, est rapidement enfoncée sur 4 kms. Les soldats du 118ème parviennent à entrer dans le village de Tahure, mais pris sous le feu de l’artillerie allemande et d’une conte-attaque, ils doivent se replier.
Dans tous les secteurs de l’offensive, les Français buttent sur la seconde ligne allemande, à contre pente, protégée par de solides réseaux de barbelés qui, invisibles, n’ont pas été détruits par l’artillerie.

Malgré plusieurs assauts épuisants et meurtriers entre le 26 et le 29 septembre, le front ne bouge que de quelques centaines de mètres. Les positions allemandes aménagées en fortin sont imprenables.

Lors de ces assauts ou des bombardements sur les lignes françaises, le 26 septembre, Pierre Le Marc’h, soldat au 118e RI, disparaît au combat à l’âge de 27 ans. Originaire de Kerestou, il s’était marié à Paris en octobre 1912.
Le 29 septembre, c’est Jean-Marie Brélivet, soldat au 62e RI, qui est tué à l’ennemi. Il avait lui aussi 27 ans, originaire de Veil Vian et célibataire.

Extrait du Journal de Marche et des Opération de la 43ème brigade d’infanterie (116e RI de Vannes et 62e RI de Lorient)
Le 29 septembre, le général de Mac Mahon, commandant la 43ème brigade écrit au général Bouyssou pour signaler «l’état de fatigue dans lequel se trouvaient le 62e et le 116e sans cadres et soumis à un violent bombardement».
Le général de Division fit répondre «Il faut marcher. Que tout le monde y crève, je m’en fous (bis). Dites le à tout le monde ».
Le général commandant la 43ème brigade «a également signalé à la Division combien mal fonctionnait le service d’inhumation des morts laissés sur le champ de bataille depuis le 25 septembre».

Du 1er au 9 octobre 1915

Le 30 septembre, les assauts cessent, laissant près de 139 000 hommes hors de combat.
Pendant plusieurs jours, les régiments gardent les positions et aménagent les tranchées pour échapper aux bombardements allemands incessants.

On peut lire dans l’historique du 118e RI « Les 3 et 4 octobre, le bombardement ennemi devient de plus en plus intense et les pertes sont sérieuses. Impossible de travailler le jour, ce n’est que la nuit qu’on peut avancer la construction des (tranchées) parallèles et des boyaux de communication».

Sous ces bombardements, le 4 octobre 1915, Sébastien Trellu, soldat au 118e RI, cocher, de Keryequel disparaît à 22 ans.

Le 6 octobre, les combats reprennent, engageant à nouveau les 118e, 62e et 116e RI, à l’assaut des buttes de la Brosse-à-Dents et de Tahure. Le jour même, la butte de Tahure est prise, avec 500 prisonniers.

Ce jour-là, Claude Moreau, soldat au 118e RI, marié en août 1913 à Anne-Marie Colin, charretier au bourg, disparaît au combat, à l’âge 27 ans.

«La journée du 7 octobre est terrible», peut-on lire dans l’historique du 118e RI. «Le bombardement ne cesse pas. L’ennemi se sert d’obus à gaz asphyxiants et pilonne nos tranchées faites rapidement pendant la nuit et qui sont insuffisantes comme protection. La situation est très dure, les pertes sont terribles; le régiment tient bon».

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Le 8 octobre, les assauts se poursuivent pour enlever les dernières places de résistance de la Brosse à Dents.
Dans l’un de ces assauts, Pierre Moreau, originaire de Locronan, soldat au 118e RI, disparaît au combat, à 20 ans, deux jours après son frère Claude.

Dans la nuit du 8 au 9 octobre, la 22ème Division est relevée, par petites fractions, toute la nuit, dans des conditions très difficiles sous les balles et les obus.

Le journal de marche de la 43ème brigade (62e RI de Lorient et 116e de Vannes) fait état des pertes subies entre le 25 septembre et de le 7 octobre.

62e RI : 36 officiers, 1117 hommes de troupe
116e RI : 27 officiers, 1228 hommes de troupe

Les journaux de marche de la 22ème division et de la 44ème brigade (118e RI de Quimper et 19e RI de Brest) ne sont malheureusement pas disponibles pour compléter ce bilan.

Sources

Sur le site Mémoire des Hommes : le JMO de la 43ème brigade (à rechercher ici)

L’Historique du 62e Régiment d’infanterie, téléchargeable en pdf sur le site de Jean-Luc Dron

L’historique du 118e régiment d’infanterie, téléchargeable en pdf sur le site Ancestrami

L’historique du 116e régiment d’infanterie, en pdf sur le site Ancestramil

Audoin-Rouzeau, S., & Becker, J. J. (2004). Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918: histoire et culture. Bayard Centurion

L’article de Wikipedia : la seconde bataille de Champagne

2 Commentaires Laissez le votre

  1. sofiane kheddouci #

    je recherche des renseignement de mon arrière grand pere KHEDDOUCI HAMADOUCHE participe la guerre de 14-18 KHEDDOUCI HAMADOUCHE soldat au 5em tirailleurs algeriens a ete tres grievement blesse en se portant a lattaque le 19 avril 1917 en champagne domicile Douar tachachit date et lieu de naissance 18/04/1892 el adjiba alger

  2. yveline le grand #

    Bonjour,
    voici quelques pistes à explorer :
    – Retrouver un soldat algérien dans les archives françaises : http://sourcesdelagrandeguerre.fr/?p=3240
    – Historique du 5e régiment de tirailleurs algériens : http://tableaudhonneur.free.fr/5eRTA.pdf
    Bonnes recherches,
    Yveline

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