Jean Le Page (1891-1916)

Jean Le Page naît le 25 décembre 1891 à Lesnevez, Quéménéven. Il est le troisième des cinq enfants de Jean, cultivateur, et de Anne GOURLAY et leur seul fils.

Avant la guerre

Au recensement de 1911, âgé de 20 ans, il est cultivateur chez son beau-frère Nihouarn à Lesnevez. Il part ensuite au service militaire en octobre 1912 (matricule 3362 au recrutement de Quimper) au 2ème régiment d’infanterie coloniale de Brest. C’est ici  que le trouve la déclaration de guerre.

Pendant la guerre

Peu d’informations sur son parcours pendant le conflit, tout au plus peut-on déduire des éléments liés à son régiment. Jean Le Page est tué le 14 octobre 1916 à Belloy-en-Santerre dans la Somme. Il est alors soldat au 52e régiment d’infanterie coloniale.

En mai 1915, Jean Le Page rejoint avec sa compagnie le 2e régiment mixte colonial. En effet, ce régiment, qui devient par la suite le 52e R.I.C, est constitué le 4 mai 1915 à Puget sur Argens (Var) par un bataillon (commandant Fleury) venu du dépôt du 2e R.I.C. (Brest) qu’il avait quitté le 2 mars 1915 pour le camp de Fréjus et par un bataillon (commandant Chevalier) formé par une compagnie de chacun des régiments suivants : 2e R.I.C. (Brest) ; 3e R.I.C. (Rochefort) ; 6e R.I.C. (Lyon) ; 7e R.I.C. (Bordeaux).

Circonstances de son décès (1916)

Après trois mois passés dans les tranchées de Dancourt-Popincourt à la limite Somme-Oise, au mois de septembre 1916, le 52e RIC est soumis à un entraînement sévère avec pour objectif de reconstituer l’esprit de corps. « La tranchée fatigue une troupe, lui fait perdre une partie notable de sa valeur combative ; les hommes d’une même compagnie ne se connaissent pas toujours, les bataillons s‘ignorent. La cohésion principale force d’une unité finit par s’atténuer. » peut-on lire dans l’historique du 52e RIC.

Fin septembre 1916, le régiment remonte en première ligne dans le secteur de Belloy-en-Santerre, dans la Somme.

« Dès Dompierre, le champ de bataille offre au regard un aspect désolé ; les réseaux de fils de fer ravagés, les trous d’obus en quantité innombrable témoignent de l’âpreté des combats du 1er juillet. Les cimetières de Dompierre sont remplis de tombes de soldats français. Le village où l’on s’est battu n’est plus qu’un amas de décombres. (…) La pluie a détrempé le terrain ; les camions ont défoncé toutes les routes. (…) C’est à l’entrée du village que l’on prend le boyau interminable qui conduit à un plateau dénudé d’abord à Belloy-en-Santerre, puis, en première ligne, en avant de ce qui fut le parc de Belloy. (…) à Assevillers commence le Ravin de la Mort où se trouvent nos batteries avancées et qui est constamment battu par le canon ennemi. » peut-on lire dans l’historique du régiment.

Après 8 jours de tranchées éprouvants, le 9 octobre 1916, le régiment reçoit l’ordre général d’opérations de la 10e division d’infanterie coloniale. Le 52e régiment d’infanterie coloniale doit attaquer le 14 octobre dans la région d’Horgny, près de Belloy-en-Santerre.

Les compagnies sont amenées à pied d’œuvre le 14 octobre dans la nuit ; deux sections formant la première vague, deux sections la seconde.  L’assaut sera donné à 13 h 30 après une préparation de l’artillerie de tranchée, de campagne et lourde.

La 1ère vague, poussée par la deuxième s’empare de tranchées jusqu’au boyau d’Horgny. Le bombardement est tel qu’une poussière permanente empêche de voir à plus de quelques mètres. Les pertes sont sérieuses. Les objectifs sont largement dépassés, mais les munitions manquent ; les unités sont mélangées ; quatre avions allemands mitraillent nos lignes et dirigent le tir de l’artillerie ennemie qui se fait plus violent.

Le 33e RI qui doit appuyer la droite du 52e RIC conduit une action divergente et laisse un trou dans la ligne.

« Cette opération a été préparée et exécutée avec trop de hâte (…) Le résultat atteint n’est pas en rapport avec les efforts fournis et les pertes éprouvées par un entassement énorme des troupes dans un terrain non aménagé, en but à un bombardement intensif » peut-on lire dans le JMO.

Pertes : 3 officiers tués, 6 disparus, 12 blessés – troupe : 126 tués, 78 disparus, 495 blessés.

Après son décès

Son décès est retranscrit le 10 juillet 1921 à la mairie de Quéménéven.

Sources

Registres d’état-civil de Quéménéven

Sa fiche sur la base des morts pour la France (site Mémoire des Hommes)

Historique et JMO du 52e RIC

Cliquez sur l'image pour accéder aux détails
Points de vente Finistère :
- Mairie de Quéménéven
- Librairie Ravy, Quimper
- Maison de la Presse, Châteaulin
- Super U, Plogonnec
Acheter sur Amazon :
Commander à l'auteur
Bon de commande

Cliquez sur l'image pour accéder à la liste