Le front des Balkans, septembre-octobre 1918

 Depuis le printemps 1918, le front des Balkans est tenu, côté bulgare, essentiellement par l’armée bulgare, appuyée par quelques unités autrichiennes et allemandes, mais en situation d’infériorité numérique face à une armée d’Orient composée de troupes françaises, anglaises, grecques et serbes, soit 650 00 hommes.
À partir de l’été 1918, l’état-major de l’armée de Salonique propose une offensive contre les lignes bulgares. Après l’accord des gouvernements britannique et italien, réticents, le 15 septembre 1918, l’armée d’Orient passe à l’offensive dans deux directions :
— l’action principale au centre (forces serbes et françaises) en direction de Belgrade, par Usküb (aujourd’hui Skopje) pour couper en deux les armées bulgares,
— et une action secondaire (forces britanniques et grecques) à l’est vers la Bulgarie en direction de la vallée du Vardar et du lac Doiran.

C’est dans cette offensive que se trouve engagée la 22ème brigade d’infanterie coloniale, composée du 42e régiment d’infanterie coloniale, dans lequel sert Joseph L’Helgoualc’h, et du 44e RIC dans lequel se trouve Pierre Cornic.

Environs de Monastir (Macédoine) – Source Ministère de la Culture

La prise de Monastir en 1917

En effet, mi novembre 1916, les Marsouins des 42ème et 44ème RIC entrent dans la composition de l’armée d’Orient.
L’embarquement à destination de SALONIQUE s’est effectué sur divers bateaux les 27-30 décembre 1916 et le 1er janvier 1917. Ils y débarquent du 6 au 10 janvier.
Le 15 janvier 1917, le régiment est mis en route par voie de terre à destination de MONASTIR, en Bulgarie, où il arrive le 25, après des étapes rendues pénibles par la rigueur du climat.
Les 30 et 31 janvier, le 42e R.I.C. relève le 34ème R.I.C. dans le sous-secteur de MONASTIR. Après plusieurs attaques sur les positions allemandes, fin juillet 1917, la 22ème brigade d’infanterie coloniale étend son front. A partir du 5 août, le 42e, alternant avec le 44e R.I.C., tient pendant un an le sous-secteur de gauche de MONASTIR.

sources : L’illustration 28 septembre 1918, reproduite sur pages14-18.com

L’offensive de l’armée d’Orient, septembre 1918

Le JMO du 42e RIC témoigne de l’engagement de la 22ème brigade dans l’offensive de l’armée d’Orient.

« 11 août 1918 – En exécution de l’ordre d’opérations n° 3273/3 de la 11e D.I.C., le régiment fait mouvement à partir du 11 août pour rejoindre son nouveau secteur dans la boucle de LA CERNA. Il relève du 24 au 26 août sur leurs emplacements les 1er et 2e régiments de la D.I. serbe de la Morava. A partir du 4 septembre, des unités helléniques (12e R.I.H.) concourent au service du secteur en alternant avec des unités françaises. »
Mission du 42e RIC et du 39e bataillon de tirailleurs sénégalais : opérer en échelons et en arrière de la gauche de la division d’infanterie serbe, dite du Danube, de façon à couvrir sa gauche pendant l’attaque ; compléter le nettoyage de la rive droite de la Cerna.

16 septembre – Le 42e avance avec à l’Est le 9e régiment d’infanterie serbe et à l’ouest le 44e RIC. « La première ligne bulgare est enlevée et dépassée (…). L’artillerie ennemie réagit violemment.

17 septembre – La progression continue en direction générale nord-ouest, en liaison à l’est avec le 9e régiment d’infanterie serbe, à l’ouest avec le 44e R.I.C. L’artillerie ennemie se montre très active, mais les bataillons du 42e et le 39e B.T.S. occupent à midi les positions qui leur étaient assignées comme objectif. Le front ennemi est définitivement brisé, les Bulgares fuient en direction ouest .
A 17 H.30, le 4e bataillon pénètre dans le village de Bechichte ; à 22 H.40, il se porte dans la direction de SELO-MONASTIR.

Voir la carte 39-41 de l’index cartographique d’Europe centrale (http://lazarus.elte.hu)

18 septembre – La poursuite a continué pendant la nuit ; le 4e bataillon est entré dans SELO-MONASTIR à l’aube ; les autres éléments ont également atteint leurs objectifs. Le terrain, d’un accès très difficile, a rendu les mouvements de nuit pénibles, notamment pour le 4e bataillon ; l’occupation de SELO-MONASTIR présente des difficultés encore plus grandes, l’ennemi tenant les positions dominant le village.
Son artillerie s’efforce, par une violente concentration d’obus de tous calibres, d’atteindre les importants dépôts de munitions qu’elle a dû abandonner ; l’un d’eux saute.
A 9 H.30, le régiment reçoit l’ordre de marcher sur KRUSEVICA et de franchir LA CERNA au pont de SELO-MONASTIR. Le 4e bataillon qui doit commencer le mouvement ne peut déboucher ; un arrêt est nécessaire.

19 septembre – on s’organise sur les positions conquises. L’ordre de franchir la Cerna dans la nuit est donné et le mouvement commence à 18h00. Au terme du 19 septembre, le régiment déplore 18 blessés parmi les hommes de troupe et 7 tués, parmi lesquels Joseph L’Helgoualc’h.
Pendant la nuit du 19 au 20, LA CERNA est franchie par les 4e et 5e bataillons qui établissent une tête de pont sur les pentes du col est de CANISTA. L’ennemi se retire vers le nord.

Vallée de la Cerna – source : Pages 14-18

Les régiments continuent leur progression vers le Nord à la poursuite des Bulgares. Le 30 septembre, à 13 heures, la Bulgarie capitule. L’ennemi, alors constitué par des unités autrichiennes et allemandes s’efforce de retarder la marche des troupes alliées vers le Nord qui continuent leur progression pour atteindre Pristina, le 11 octobre, Nish, deuxième ville serbe le 25 octobre. Au cours de cette progression, Pierre Cornic, soldat au 44ème RIC , décède de maladie à l’hôpital temporaire serbe d’Alexinatz.


Sources : JMO du 42ème RIC sur le site Mémoire des Hommes

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