René Doaré (1897-1918)

René Marie Doaré naît le 6 juillet 1897 à Locronan, au lieu-dit Creach. Il est l’avant-dernier des 6 enfants de Yves et de Guillemette Le Bihan.

Avant la guerre

Au recensement de 1911, il n’apparaît pas sur les listes de Quéménéven. Le relevé effectué pour la construction du monument aux morts note qu’il est célibataire, du Pouldu.

Cheveux blonds, yeux jaunes, il est un peu plus grand que la moyenne (1,69m) et sait lire et écrire.

Pendant la guerre

Incorporé le 7 janvier 1916 au 54e RI (matricule 3265 au recrutement de Brest-Châteaulin), il passe au 130e RI le 21 octobre 1916, puis au 41e RI le 25 février 1917, et enfin à la 11e compagnie du 90e RI le 28 avril 1918 qui se trouve alors dans la Somme.

A cette période, le régiment est relevé et va se reconstituer dans la région de Bar-le-Duc, après 18 jours de bataille et de bombardements souvent à gaz.

Quelques mois plus tard, René Doaré meurt des suites de blessures par balle, le 25 août 1918 sur le plateau de Montécouvé près de l’Orme, dans l’Aisne.

Circonstances de son décès

Après le traité de paix signé avec les Russes, le 21 mars 1918, les divisions allemandes sont lancées dans le secteur de Saint-Quentin, en Picardie, le 27 mai au Chemin des Dames puis le 15 juillet en Champagne. Elles gagnent du terrain mais les alliés contrattaquent le 18 juillet dans la Marne, à Villers Cotteret. L’initiative change de camp.

Le 31 mars, le 90e RI dans la Somme pour parer l’attaque allemande dans le secteur de Moreuil. Les pertes sont  très élevées. Après 18 jours de bataille et de bombardements souvent à gaz, le régiment est relevé et va se reconstituer dans la région de Bar-le-Duc.

Fin juillet, il est ramené vers l’ouest, et le 2 août, il relève la division écossaise devant Villemontoire, au sud de Soissons, et est arrêté sur l’Aisne. Le 10 août, la division est relevée. « Nouvellement arrivée, elle est considérée comme division fraîche et elle est réservée pour des opérations plus importantes » peut-on lire dans l’historique du régiment.

Le 21 août, le régiment attaque. « Le mouvement a lieu par une chaleur torride et sous un bombardement extrêmement intense; il faut franchir des coteaux, traverser des ravins ypérites et obstrués par des tranchées et des réseaux de fils de fer ». L’ennemi se retire le régiment part à sa poursuite.

Le 23 août, le 1er bataillon reçoit l’ordre d’attaquer l’Orme de Monté-Couvé, point culminant du plateau, bastion allemand, âprement défendu. « Pas à pas, de trous d’obus en trous d’obus, le 90e glisse vers l’ennemi qu’il parvient à déborder par la gauche (…) ». La contrattaque a lieu à la tombée de la nuit mais sans succès. Le 24 août au matin, le 2ème bataillon s’empare de l’Orme. L’ennemi recule, abandonnant progressivement l’importante position de Monté-Couvé que le 90e entreprend de consolider au fur et à mesure de sa progression.

Le 25 août, au levé du jour, les batteries ennemies arrosent les pentes de l’Orme d’un tir d’artillerie des plus violents, préparant une contrattaque menée par les compagnies de mitrailleuses.

Le 90e riposte avec le 3e bataillon dans lequel se trouve la 11e compagnie de René Doaré.

Le 90e RI au Plateau de Monté-Couvé, le 25 août 1918. Source : http://indre1418.canalblog.com

« Les deux compagnies de tête (9e et 11e -dans laquelle se trouve René Doaré-), alertées, sont rapidement debout sur la Chaussée, au cri de « En avant » lancé par le chef de bataillon et la ruée se fait aussitôt vers le sommet, sous les balles des mitrailleuses qui, rageuses, essaient d’arrêter l’élan des assaillants (…). Ceux qui tombent dans les hautes herbes du coteau sont nombreux : qu’importe ! (…) Il y eut là des luttes endiablées : corps à corps, baïonnette, grenade. La résistance ennemie fut opiniâtre (…) ». Le 90e a tenu mais les pertes du 3ème bataillon sont importantes en ce 25 août : 7 officiers dont 2 tués, 135 sous-officiers, caporaux et soldats, dont 54 tués, parmi eux René Doaré.

Monument, qui n’existe plus aujourd’hui, en l’honneur du 3e bataillon du 90e RI. Source : http://indre1418.canalblog.com

Après son décès

Son décès est retranscrit le 17 avril 1919 à la mairie de Quéménéven.

René Doaré est inhumé à la nécropole nationale de Crécy-au-Mont, dans l’Aisne, tombe 97


Sources

Registres d’état-civil de Quéménéven

Fiche matricule, AD du Finistère (1R-1587 – 1917)

Site Mémoire des Hommes : fiche sur la base des morts pour la France, 

BDIC : Historique du 90e RI

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