Corentin Bernard (1888-1918)

Corentin Bernard naît le 03 décembre 1888 à Kernaou, à Cast. Il est le fils unique de Corentin, âgé de 28 ans à sa naissance et de Corentine CORNIC, âgée de 22 ans.

Avant la guerre

En 1911, il apparaît sur le recensement de Quéménéven, comme cultivateur chez son père. Il a alors 23 ans. De la classe 1908, il aurait dû être au service militaire. A-t-il été exempté ?

Quand la guerre éclate, il est célibataire et toujours cultivateur au Scavit.

Pendant la guerre

Étant de la classe 1908, il a pu être mobilisé le 3 ou le 4 août 1914 (matricule 580 au recrutement de Quimper). Néanmoins s’il avait été réformé au moment du service militaire, il a pu être appelé bien plus tard.

Il est tué à l’ennemi par suite d’éclat d’obus au ventre, le 18 juillet 1918, à Prosnes dans la Marne. Il est à ce moment là, soldat au 3ème bataillon, 11ème compagnie, du 124e Régiment d’infanterie (8e DI, 4e CA).

Circonstances de son décès

Le 15 juillet 1918, les Allemands lancent sur la Marne une offensive destinée à déstabiliser le front et marcher sur Paris. Cette offensive a pour nom de code « Friedensturm », l’Offensive pour la Paix. Mais les troupes ont pris le dispositif de grande alerte depuis deux jours.

A ce moment-là, le 124e RI est dans le secteur de Prosnes-Mourmelon-le-Grand (Marne) à une trentaine de kilomètres à l’est de Reims, et ce depuis la mi-mai 1917. Chacun y tient ses tranchées et tente de temps à autres des coups de main sur les tranchées adverses. Les bombardements sont quasiment quotidiens, parfois très violents, parfois chargés de gaz ypérite.

Sous-secteur du Mont Blond en mai 1917 - Coll. A. Madec

Sous-secteur du Mont Blond en mai 1917 – Coll. A. Madec

Le 15 juillet à  « 0 heure 6 l’attaque allemande se déclenche par un bombardement très violent (…). 1 heure, l’observatoire Cyclope dit « RAS, en dehors du bombardement d’une violence inouïe ». (…) 3h15, Cyclope ne voit toujours pas l’ennemi. 4h05, l’infanterie ennemie est sortie de ses tranchées. (…) 5h00 Cyclope ne répond plus. (…) 6h30, ennemi à 300m devant la Cie N, centre du bataillon Nicolas (…)6h45 – Commandant Nicolas dit n’avoir plus de liaison avec l’avant. Le bombardement est toujours très violent et uniforme par explosifs et toxiques. » (extraits du JMO du 124e)

Toute la journée, l’attaque se poursuit, l’ennemi tente de s’infiltrer dans les lignes françaises ou de les encercler. Les compagnies tiennent bon. A 23h00 « Rien n’a changé sur notre front, le 124ème est très exactement à sa place »

Le 16 juillet, après un violent tir d’artillerie, à 11h l’infanterie ennemie attaque tout le front. Le 124e tient toujours bon, et en fin de journée, la situation est la même que le matin.

Le 17 juillet, des détachements allemands cherchent à s’infiltrer dans les lignes alliées  mais sans succès.

Le 18 juillet 1918, après une nuit sans incident, un violent bombardement est déclenché à 4h30 sur tout le front du régiment, précédant un assaut sur la 1ère ligne. Pendant 3 heures, les troupes tiennent bon, contre-attaquent, récupèrent des tranchées, avancent, subissent une contre-attaque partielle. Les combats sont violents et meurtriers. On déplore un officier tué, 4 officiers disparus, 3 officiers blessés, 33 soldats tués, 75 blessés et 95 disparus. Corentin Bernard a péri dans ces combats, par suite d’éclats d’obus au ventre.

Ce même jour du 18 juillet 1918, le général Foch, commandant en chef des armées alliées, lance sa contre-offensive décisive, avec l’aide des troupes britanniques et américaines, appuyée par les chars et l’aviation. « Les villages d’Oulchy-la-Ville, Courmelles, Parcy-Tigny, Plessier-Huleu sont conquis malgré de lourdes pertes. Cette victoire des Alliés, qui surprend les Allemands sur leur flanc, menace à revers les armées ennemies demeurées dans la poche entre Château-Thierry et Epernay. Le 20 juillet, ordre est donné aux armées allemandes de se replier derrière la Marne.  » (ECPAD)

Après son décès

Corentin Bernard est inhumé (réinhumation) dans la nécropole nationale de Sillery dans la Marne (tombe 2967).

Son décès est retranscrit le 1/11/1918 à la mairie de Quéménéven.

Sources

Registres d’état civil de la mairie de Cast et Quéménéven

base des morts pour la France (site Mémoire des Hommes)

JMO du 124e RI (site Mémoire des Hommes)

1918 – l’année de la victoire (http://www.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-07.pdf)

Base des relevés des nécropoles nationales sur le site Mémorial-Genweb

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