Claude et Pierre Moreau

Les deux frères Moreau sont les enfants de Bernard, tisserand et de Marie Anne Bernard. Claude est l’aîné des garçons, il naît le 14 août 1888 à Plogonnec. Pierre est son cadet. Il naît le 12 juin 1894 au bourg de Locronan.

Avant la guerre

En 1911, lors du recensement, ils ne sont pas à Quéménéven. Claude épouse Anne Marie Colin le 26 août 1913 à Quéménéven où il vient s’établir au bourg comme charretier. Leur fille Marie Clotilde naît le 1er juillet 1914.

Pendant la guerre

Claude, de la classe 1908, est mobilisé dès le 3 ou le 4 août dans l’armée d’active (matricule 523 au recrutement de Quimper).

Pierre, de la classe 1914, est mobilisé le 1er septembre 1914 (matricule 977 au recrutement de Quimper).

Tous deux se retrouvent soldats dans le 118e régiment d’infanterie de Quimper.

Ils disparaissent tous deux au combat, à deux jours d’intervalle sur le même terrain de bataille,  le 6 et le 8 octobre 1915, lors des combats pour la prise de Tahure dans la Marne.

Circonstances de leurs décès

Persuadé que la rupture du front était possible par des attaques puissantes localisées, le Général Joffre lance le 25 septembre 1915, une offensive de grande envergure en Champagne, sur un front de 25 kilomètres, après trois jours intenses de préparation d’artillerie.

La première vague d’assaut sur Tahure est menée par les régiments d’infanterie de Quimper (118e RI), Brest (19e RI), Lorient (62e RI) et Vannes (116e RI), composant la 22ème division commandée par le général Bouyssou.

La 22ème DI a pour objectif la butte de Tahure, le mamelon 192 à 600m au nord de la butte et les tranchées allemandes à l’est du mamelon 192.

La première ligne allemande, anéantie par les 3 jours de bombardements incessants de l’artillerie française, est rapidement enfoncée sur 4 kms. Les soldats du 118ème parviennent à entrer dans le village de Tahure, mais pris sous le feu de l’artillerie allemande et d’une conte-attaque, ils doivent se replier.

Dans tous les secteurs de l’offensive, les Français buttent sur la seconde ligne allemande, à contre pente, protégée par de solides réseaux de barbelés qui, invisibles, n’ont pas été détruits par l’artillerie.

Malgré plusieurs assauts épuisants et meurtriers entre le 26 et le 29 septembre, le front ne bouge que de quelques centaines de mètres. Les positions allemandes aménagées en fortin sont imprenables.

Le 30 septembre, les assauts cessent, laissant près de 139 000 hommes hors de combat.

Pendant plusieurs jours, les régiments gardent les positions et aménagent les tranchées pour échapper aux bombardements allemands incessants.

Le 6 octobre, les combats reprennent, engageant à nouveau les 118e, 62e et 116e RI, à l’assaut des buttes de la Brosse-à-Dents et de Tahure. Le jour même, la butte de Tahure est prise, avec 500 prisonniers. Ce jour-là Claude Moreau disparaît au combat.

Le 8 octobre, les assauts se poursuivent pour enlever les dernières places de résistance de la Brosse à Dents. Dans l’un de ces assauts, Pierre Moreau disparaît lui aussi au combat, à 20 ans, deux jours après son aîné.

Après son décès

Le décès de Claude est retranscrit le 10 juillet 1921 à la mairie de Quéménéven, celui de Pierre est retranscrit le 30 juillet 1921 à la mairie de Locronan.

Ils figurent tous les deux sur le monument aux morts de Quéménéven et sur celui de Locronan.

Sources

Registres d’état-civil de Quéménéven

La fiche de Claude Moreau sur la base des morts pour la France (site Mémoire des Hommes)

La fiche de Pierre Moreau sur la base des morts pour la France (site Mémoire des Hommes)

Historique et JMO du 118e RI

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