Jacques Pelliet (1886-1914), évacué vers Nantes

Coll. Famille Queffelec, Kerhoën

Coll. Famille Queffelec, Kerhoën

Jacques Pelliet est né le 8 janvier 1886 à Kervélinger en Plonévez Porzay. Il est le fils de Guillaume, cultivateur, alors âgé de 30 ans et de Marie Madeleine BLOUET, âgée de 20 ans.

En 1911, lors du recensement, il vit à Plogonnec où il a épousé, le 24 septembre 1910, Marie Jeanne Douy de Quéménéven. Leur fils naît en 1911. En octobre 1914, au décès de son mari, Marie Jeanne Douy et son fils sont domiciliés à Quéménéven.

Jacques Pelliet décède le 12 octobre 1914 à l’hôpital militaire complémentaire, 21 rue du Lycée à Nantes des suites de blessures reçues sur le champ de bataille. Il était soldat au 318e régiment d’infanterie de Quimper.

Le 318e RI au début de la guerre

De la classe 1906, il est mobilisé le 5 ou le 6 août et en tant que réserviste rejoint le 318e RI qui vient d’être créé à Quimper.

En effet, le 318ème Régiment d’Infanterie est créé le 2 août 1914 à Quimper, constitué de toutes pièces par des réservistes du sud-finistère, regroupés en 2 bataillons, le 5ème et le 6ème auquel appartient Jacques Pelliet.

Le 318e RI fait partie de la 61e division d’infanterie, affectée en août 1914 à la défense du camp retranché de Paris. Les événements se précipitant à la frontière, sous la pression allemande, l’armée de Paris est appelée en renfort. Le 25 août, le 318e est dirigé sur Arras.

Durant un mois, sans trêve ni repos, ce ne sont qu’attaques, alertes, retraites,marches forcées, repos précaires. C’est la retraite de l’armée française, puis la bataille de la Marne à partir du 6 septembre. Le 318ème se trouve à l’extrême gauche de la ligne de bataille.

Moulin-sous-Touvent, Oise

A partir du 11 septembre, le 318e RI participe à la marche en avant à la poursuite des Allemands jusqu’à Moulin-sous-Touvent (limite Oise-Aisne) où on le trouve fin septembre 1914.

Le 29 septembre, 642 hommes arrivent du dépôt de Quimper. Deux nouvelles compagnies sont formées, la 22ème à laquelle est affectée Jacques Pelliet, et la 24ème. Le lendemain, le 5ème bataillon est en 1ère ligne. Le 6ème bataillon (dont la 22e compagnie) est en réserve jusqu’au 3 octobre, où il est porté en 1ère ligne, entre le plateau de l’arbre et la ferme Escafaud. Le régiment y perfectionne les tranchées et organise la défense de deux ravins.

Secteur du Moulin-sous-Touvent. Extrait du JMO du 219e RI

Secteur du Moulin-sous-Touvent. Extrait du JMO du 219e RI

8 octobre. — L’ordre venu d’attaquer les tranchées ennemies oblige à porter en avant les 22e et 24e compagnies. On peut lire dans le journal de marche de la brigade : « à 0h30, le 318e fait connaître qu’une patrouille n’a été arrêtée qu’à la lisière même de Touvent. Pensant sur la foi de ce compte-rendu (reconnu exagéré ultérieurement) que peut-être les Allemands cèdent et n’occupent plus la ferme que temporairement, le commandant du 318e médite un coup de main pour le lever du jour. (…) Au jour le mouvement commence mais les tranchées ennemies sont sérieusement occupées. Pertes assez sérieuses (une centaine d’hommes hors de combat pour la brigade) pour des progrès presque nuls. » En effet, à peine sorties de leurs tranchées, les 22e et 24e compagnies tombent aussitôt sous le feu des mitrailleuses ennemies, ne peuvent progresser, et sont très éprouvées (15 tués, 48 blessés, 14 disparus).

« Les temps héroïques du 318 sont pour ainsi dire terminés. Face à face, les deux armées s’immobilisent dans leurs tranchées. » peut-on lire dans l’historique du 318e RI

Jacques Pelliet a été grièvement blessé postérieurement au 29 septembre (création de la 22e compagnie à laquelle il est affecté). Son bataillon est alors en réserve. Aucun accrochage ni combat n’est signalé dans le JMO de la brigade ni l’historique du 318e entre le 3 octobre (date à laquelle son bataillon monte en 1ère ligne), et l’assaut du 8 octobre. Après le 8 octobre, on peut lire dans le JMO de la 122e brigade pour la période du 9 au 24 octobre « Rien à signaler sauf parfois de vives fusillades le soir ».

C’est donc probablement au cours de l’assaut du 8 octobre que Jacques Pelliet a été blessé.

L’hôpital militaire complémentaire de Nantes

Jacques Pelliet, grièvement blessé, est évacué sur l’hôpital temporaire n°21 de Nantes, chef-lieu de la 11ème région militaire, où il décède le 12 octobre, 4 jours après l’assaut. Etant données les conditions d’hygiène et de transport des soldats blessés du front vers l’arrière, leur espérance de vie était très courte. Jacques Pelliet n’a pas échappé à la règle.

L’hôpital dépend du service de santé militaire (hôpital complémentaire). Il est installé dans le grand lycée des garçons (futur lycée Clémenceau) et fonctionnera du 14 août 1914 au 14 février 1919, avec une moyenne de 720 lits. Si l’internat est fermé, les cours continuent pendant le conflit avec un effectif d’enseignant moindre, incluant des femmes.


 Sources

Fiche sur la base des Morts pour la France

Historique du 318e RI sur le site Ancestramil

JMO de la 122e brigade

Comité de l’histoire du Lycée Clémenceau de Nantes

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