Jacques Autret (1887 – 1916) – du 318e au 219e régiment d’infanterie

autretJacques Autret naît le 26 octobre 1887, à Kerfeunteun. Il est le fils de Jean et Marie-Jeanne Bernard. Le 22 septembre 1913, il épouse, à Quéménéven, Philomène Cuzon, âgée de 23 ans. Il a alors 25 ans et est sabotier. Leur fils naît un an plus tard, le 13 octobre 1914, alors que la guerre fait rage depuis plus de deux mois.

Jacques Autret perd la vie le 25 juillet 1916 à 25 ans, « tué à l’ennemi », près de Foucaucourt-en-Santerre, dans la Somme. Il est alors soldat dans la 23ème compagnie du 219ème régiment d’infanterie de Brest.

Avec le 318e RI, régiment d’infanterie de réserve

En août 1914, les hommes des classes 1911, 1912 et 1913 (nés entre 1891 et 1893) qui étaient au service militaire composent les troupes des régiments d’active, au recrutement surtout local. Ainsi pour Quéménéven, le régiment « privilégié » est le 118ème régiment d’infanterie de Quimper.

En temps de paix, après son service militaire, chaque homme est affecté pendant 11 ans à la réserve de l’armée d’active. En août 1914, ces hommes des classes 1901 à 1910 (nés entre 1881 et 1890) sont mobilisés dans le régiment de réserve rattaché à leur régiment d’active, dont il reprend la numérotation augmentée de 200. Ainsi le régiment de réserve du 118ème d’infanterie, est le 318ème régiment d’infanterie, dans lequel est mobilisé Jacques Autret, et tant d’autres.

318e RI - Les gars de Quéménéven (Coll. P. Blaise)

318e RI – Les gars de Quéménéven (Coll. P. Blaise)

Toujours en temps de paix, après la période en réserve d’active, les hommes sont affectés pendant sept ans à l’armée territoriale (de 35 à 41 ans) et enfin pendant encore sept ans à la réserve de l’armée territoriale (de ses 42 à 48 ans).

En août 1914, les hommes de l’active et les plus jeunes de la réserve constituent les unités envoyées au combat, tandis que les réservistes plus vieux sont destinés à former des régiments de réserve maintenus en arrière du front ou à remplir les dépôts en attendant de remplacer les pertes. Les hommes de l’armée territoriale constituent des unités destinées à des tâches en arrière du front, telles que la garnison des places ou des travaux de retranchement.

Le 318e régiment d’infanterie a été créé le 2 août 1914, à Quimper, et a été dissous le 15 juin 1916, à Vauvillers (Somme). Il a été essentiellement un régiment breton, presque uniquement composé d’éléments recrutés dans le sud Finistère.

Le 318 RI quitte Quimper le 5 août 1914 pour Paris, gare des Batignolles. Il est ensuite dirigé sur Sevran-Livry et Frainville. Le régiment fait désormais partie, avec le 219e RI de Brest, de la 122e brigade de la 61e division d’infanterie, affectée à la réserve générale du camp retranché de Paris.

Sous la pression allemande, l’armée de Paris est appelée en renfort, et le 25 août 1914, la 61e DI quitte la région parisienne pour le secteur d’Arras, où elle reçoit le baptême du feu dans les combats de Sailly-Saillisel et Bapaume le 27 août. Elle prend ensuite part à la bataille de la Marne du 7 au 18 septembre 1914.

L’année 1915 et jusqu’en mars 1916 se passe à occuper des secteurs de tranchées, au nord-est et nord-ouest de Compiègne. En avril-mai 1916, séjours et instruction en cantonnements.

Le 15 juin 1916, le régiment, alors cantonné dans la Somme, est dissous et ses deux bataillons vont former le 3ème bataillon des 219e RI et 262e RI. Jacques Autret est dans le bataillon qui rejoint le 219e RI.

La photo ci-dessous, sur laquelle figure Jacques Autret (à droite 1er rang, presque de profil) est sans doute prise avant juin 1916. Les soldats portent encore au col le numéro du 318e RI.

318eRI

318e RI – Les gars de Kerfeunteun (coll. JJ Autret)

Avec le 219e régiment d’infanterie, la bataille de la Somme

On apprend dans le JMO du 219e régiment d’infanterie que le 25 juin 1916, le régiment est cantonné à Harbonnières (Somme). Le 28 juin, renforcé donc par un bataillon du 318e RI, le régiment monte dans le secteur d’où il doit partir à l’assaut des tranchées allemandes.

Après 8 jours de préparation d’artillerie, le 1er juillet à 9h30 l’infanterie sort des tranchées. A 9h48, le 219e RI a atteint son 1er objectif. Et après une nouvelle préparation d’artillerie, il atteint son 2ème objectif à 16h15. Dans cette 1ère journée, le 219e a fait 255 prisonniers. Le 3ème objectif est atteint le lendemain.
La 61e division est relevée dans la nuit du 3 au 4 juillet. Le 219e bivouaque jusqu’au 10 juillet au ravin des Cuisines. Il est alors relevé. Du 15 au 20 juillet 1916, il est en réserve au ravin des Cuisines.

Le 21 juillet 1916, le 219e remonte en ligne et est chargé d’organiser une nouvelle position de départ. « Il cherchera à garder le contact avec l’ennemi en occupant les tranchées et boyaux laissés libres par lui ».
La 23ème compagnie (6ème bataillon), à laquelle appartient Jacques Autret, est postée en 1ère ligne dans les tranchées de la route d’Estrées, dans lesquelles elle réalise des travaux d’aménagement et de défense. Vers 21h, le front de la 23e compagnie subit des tirs d’artillerie ennemie assez violents, qui se répètent le lendemain. (21 juillet 4 tués, 12 blessés; 22 juillet 7 tués, 33 blessés – 1 blessé à la 23e Cie).
23 juillet (1 tué, 18 blessés) – bombardements à obus lacrymogènes accompagnés de fusillades entre minuit et 1h00 du matin, qui reprennent à partir de 21h
24 juillet (9 tués, 24 blessés) – activité peu intense de l’artillerie pendant la journée, bombardements dans la soirée – mêmes travaux que les jours précédents
Le 25 juillet, il est noté sur le JMO que la journée est assez calme avec une faible activité de l’artillerie ennemie. Les troupes effectuent les mêmes travaux que les jours précédents. De 21h à 23h, les positions subissent des tirs assez intenses (présences d’obus lacrymogènes). Pour la journée du 25 juillet, on déplore 13 tués dont 9 de la 23e Cie parmi lesquels Jacques Autret et 16 blessés dont 5 de la 23e Cie.

Tranchée allemande près de Longueval. source wikimedia

La bataille de la Somme figure parmi les plus terribles moments de la Première Guerre mondiale, aussi tragique que la bataille de Verdun : de juillet à novembre 1916, elle fit, toutes nationalités confondues, plus d’un million de morts, de blessés et de disparus. Au cours des premières semaines de combat, les efforts répétés des troupes françaises et britanniques parviennent à faire reculer les troupes allemandes mais sans véritables conséquences majeures. À partir de la mi-juillet, la stratégie cherchant une poussée décisive est abandonnée au profit d’une guerre d’usure dans laquelle se succèdent les assauts de grignotage. À la fin novembre, face à l’épuisement des troupes et aux intempéries qui gênent considérablement l’évolution des hommes et le transport du matériel, le commandement allié cesse les opérations.

Route de Pozières, août 1916 – source wikimedia


Sources : Site Mémoire des Hommes

Base des morts pour la France 
– Historiques des 318e RI et du 219e RI
– JMO du 219e RI

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4 Commentaires Laissez le votre

  1. Françoise Le Duff #

    Bonjour,

    Vos informations sur le 318 eme Ri m’ont vivement intéressée. Mon grand père paternel, jean Le Noaćh ( né à Landrévarzec) décédé à Manheim en Allemagne à l’hôpital du camp des prisonniers de guerre, en faisait partie. La famille n’a plus eu de nouvelles de lui après le 12 septembre 1915, date à laquelle il a adressé une photo à sa famille.
    En septembre dernier, mon frère et moi, nous sommes allés sur sa tombe, à la nécropole des prisonniers de guerre de Sarrebourg, ce fut un moment émouvant
    Cordialement
    Françoise Le Duff

    • yveline le grand #

      Bonjour,
      Il y a un Yves Le Noach, né à Landrévarzec, parmi les soldats de Quéménéven morts pour la France. Sauriez-vous s’il était apparenté à votre grand-père ? Merci,
      Yveline Le Grand

  2. Jacques Chevalier #

    mon grand-père Sergent Christophe né en 1885 à Gouesnach, classe 1905 a été rappelé le 3 Aout 1914 au 118°,et versé au 318° qui sera dissous en juin 1916 et versé au 219° R.I , il participa à la bataille de Pinon 27/28 mai 1918, où la bravoure des soldats Bretons sera sacralisé par le discours à l’assemblé par Georges Clemenceau le 4 Juin 1918.Mon grand-père sera fait prisonnier et envoyé en Allemagne au camp de Friedrishfeld., je recherche des descendants de cette dure bataille

    • Jean-Claude Dambiel #

      Bonjour,
      Je viens vers vous, suite à la découverte de ce site. J’ai un membre de ma famille, Pierre Gabriel Guillaume Dambiel, né à Gouesnach le 28 janvier 1886, qui était sergent d’active au 118°RI lors de la mobilisation. Il s’est uni par le mariage avec Anne Marie Lemeur, à Gouesnach le 26 juillet 1914. Il a été affecté à l’encadrement du 318° RI lors de sa mise sur pied le 2 août 1914 à Quimper. Il faisait partie des 10 officiers et 20 sous-officiers du 118° en charge de la création du 318°. Etant tous les deux natifs de Gouesnach, il est probable qu’il connaissait votre grand père Sergent Christophe. Le 8 août, Pierre Gabriel Guillaume et son bataillon rejoignent les premiers éléments du 318° au front ayant gagné le front dès le 5 août 1914. Tous les deux et les autres fantassins du 318° Combattront dès le 25 août près d’Arras (baptême du feu) puis Bapaume, puis l’Ourcq, la Marne, l’Aisne et la Somme dés le printemps 1916. Le 15 juin 1916, à Vauvillers, le 318°RI est dissous. Le chemin de ces deux Poilus se sépare, toutefois, ils combattront ensemble lors de la Bataille de la Somme. Votre grand-père est affecté au 219°RI et Pierre Gabriel Guillaume Dambiel en qualité d’adjudant-chef au 262°RI (4° Bat, 14° Cie). Ces deux régiments combattent cote à cote. Quinze jours après son affectation, Pierre Gabriel Guillaume est blessé (par éclat d’obus) puis il sera porté disparu lors des combats d’
      Estrée-Déniécourt (Somme) le 31 août 1916. Son corps sera retrouvé par la suite. Il est inhumé dans la nécropole nationale de Maucourt (Somme, tombe 3070). Il est titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre (1914/16). Je ne possède pas plus d’informations concernant le 318° ainsi que pour le 118° et le 262°RI. Si toutefois, vous disposez d’autres éléments, dont des photos, je suis intéressé.
      Toutes mes félicitations et encouragements pour les auteurs de ce site et ceux qui le font vivre. Bel exemple de devoir de mémoire pour les générations actuelles et à venir.
      Bien cordialement

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